mardi 29 novembre 2011

Des efforts concertés pour la réduction de la mortalité maternelle en Afrique : lancement de la CARMMA Tunisie


Les 24 et 25 Novembre 2011, a eu lieu la conférence régionale pour le lancement de la Compagne pour l’Accélération de la Réduction de la Mortalité Maternelle en Tunisie afin de promouvoir la Coopération Sud-Sud, échanger les expériences des uns et des autres et proposer des plans d’action pour contribuer à la lutte contre la mortalité et la morbidité maternelle en Afrique.

La Tunisie lance la première CARMMA d’Afrique du Nord. 





150 participants sont venus de 20 pays de l’Afrique 

 Des représentants des Ministres de la santé, des responsables de programme de périnatalité, des professionnels de santé et des ONGs actives dans le domaine, étaient présents pour discuter les thèmes  proposés dont, notamment la mortalité maternelle, les stratégies à penser pour la lutte contre la mortalité maternelle, la promotion de la coopération entre les pays de Sud en mesure de la prévention de la mortalité maternelle, le rôle de la société civile et l’impact de la participation communautaire, les ressources humaines et son rôle majeur en matière de stimulation ou bien d’inhibition de la croissance de pourcentage de la mortalité maternelle et le rôle primordial des organisations mondiales.

Une femme qui meurt en donnant naissance à un enfant 

Il est inadmissible qu’une femme perde la vie en donnant la vie, certes la Tunisie se mobilise pour préserver à la femme son droit à la vie. «La Tunisie a fait un effort considérable pour diminuer la mortalité maternelle en passant de 68,9 pour cent mille naissances vivantes, en 1994, à 44 pour 100.000, en 2008», a signalé M. Hafedh Chekir, directeur du bureau régional de l'UNFPA des Etats arabes. Cependant, a-t-il affirmé, le rythme d'évolution du taux de mortalité maternelle ne permet pas d'atteindre l'objectif fixé qui est de réduire ce taux à 18,7 pour 100.000 naissances vivantes, en 2015.

Les médecins ne font pas la médecine, la médecine ne fait pas la santé 

M. Mohamed Salah Ben Ammar, directeur général de la santé, a déclaré que la politique tunisienne de santé est confrontée à des défis importants liés, essentiellement, aux changements épidémiologiques et démographiques et des nouvelles exigences de la population en termes de qualité des soins et des services de santé.  S’il ya des plaintes c’est que la bonne pratique n’est pas respectée, ce qui a mené les participants  lors du panel portant sur les ressources humaines et présidé par M. Mohamed Noureddine, représentant du ministère de la santé publique égyptienne, à penser à un régime d’assurance médicale, d’autres participants ont indiqué que les ressources humaines présentent le point clé de la mortalité maternelle. Néanmoins, et pour atténuer la brutalité de ses propos,  M. Hafedh chekir, directeur du bureau régional de l’UNFPA des Etats arabes, a confirmé que la Tunisie figure en tête de liste par rapport aux autres pays africains en matière de taux minimal de  mortalité maternelle.

La Banque Mondiale participe à la conférence 

Lors de la dernière session portant sur la coordination, finance et coopération Sud-Sud, Mme Heba Elgazzar, économiste principal de développement humain à la Banque Mondiale a présenté l’initiative de la Banque Mondiale de proposer un projet pilote dans la zone Jendouba, Tataouine et Kasserine comme investissement contribuant à la baisse de pourcentage de mortalité et morbidité maternelles en Tunisie. 

La participation constructive de S.E Bience Gawanas, commissaire pour le travail et les affaires sociales de l’Union Africaine 

Considérée comme l’une des 200 femmes les plus influentes de la planète, S.E Bience  Gawanas, en charge des affaires sociales à la Commission Africaine, œuvre au quotidien pour défendre les droits de la femme. Elle était présente à la conférence avec des interventions constructives tout en éveillant l’enthousiasme des participants et en donnant une vision futuriste optimiste.

L’émouvant hommage rendu à Mme Achatone Gossinar lors de la cérémonie d’ouverture 

Mme Achatone Gossinar, l’ambassadrice CARMMA du Tchad, une des intervenantes, décédée à l’aéroport  en arrivant à Tunis, pour participer à la conférence. Les participants ont observé une minute de silence à la mémoire de cette dame qui était la première sage femme tchadienne qui occupait plusieurs postes dont celui de secrétaire d’état à la santé. 

L’Organisation Mondiale de la Santé dénonce la violence à l’encontre des femmes 

L’OMS a affirmé que la violence à l’encontre des femmes, qu’elle soit le fait d’un partenaire intime ou de nature sexuelle est un grand problème de santé publique et une violation majeure des droits de la femme, elle a confirmé aussi que cette mauvaise pratique entraine de graves conséquences sanitaire pour la femme et pour son enfant. Ce qui a incité les nations Unies à organiser la journée mondiale pour éliminer la violence à l’égard de la femme, le 25 Novembre 2011.

                                                                                                                            Wafa HAMZAOUI

samedi 22 octobre 2011

La tumeur journalistique postrévolutionnaire


La révolution du 14 janvier était le déclencheur principal de l’apparition des symptômes d’une tumeur cancéreuse issue d’une mutation déontologique.  Est-ce une question d’enracinement ou bien assistons-nous à une naissance de nouvelle valeur ?

L’exercice journalistique devrait-il se mettre en position de recul par rapport à cette  « liberté d’expression » qui semble toucher aux règles déontologiques qui ne sont plus respectées par les plumes qui ont tendance à considérer la liberté irresponsable comme la racine des valeurs.

Face à sa résistance aux normes de la régulation voire l’autorégulation, le journalisme ne devrait-il pas chercher à placer l’éthique au centre de son métier ? Et au péril de sa crédibilité et de sa légitimité, l’écriture journalistique ne pourrait être qu’une passion et les journalistes ne pourraient plus se revendiquer professionnels.
Certes, tout journaliste est appelé à faire preuve d’audace dans le traitement des dossiers et à se débarrasser des pratiques détériorées de l’ancien régime qu’a terni la réputation du métier journalistique.    
Dans ce vaste terrain de liberté, le journaliste aurait besoin de prendre sa boussole car à coté de son droit à l’expression, s’accroit une exigence d’éthique et de conduite professionnelle responsable. Et ceci en évitant de tomber dans les pratiques des journalistes qui, au lieu de traiter le lecteur en citoyen digne d’être  informé tout en respectant sa culture et ses valeurs, ne le voient plus que comme un consommateur à séduire, et ceci en osant attaquer la religion musulmane rien que parce que le parti politique gagnant aux élections s’avère islamique malgré qu’il partage avec ses confrères laïques les mêmes bases en terme de programme politique.
L’empiétement sur le divin est un crime puni par la loi tunisienne. Alors, la déontologie journalistique n’interdise-t-elle pas l’atteinte aux valeurs islamiques ? Pourquoi a-t-on besoin de se moquer de l’islam et de ses principes juste pour critiquer un personnage ou un parti politique ?
Après un demi-siècle d’oppression et de silence, est-ce judicieux de définir des règles de jeu alors que l’on commence à peine à apprendre à pratiquer la liberté d’expression ?
Les journalistes tunisiens auront-ils besoin d’une prise de recul pour savoir se construire de nouvelles bases solides sous le cadre d’une liberté responsable ?


Autan de questions que d’enjeux et que d’actes sérieux, autant de risque que de responsabilité, autan de d'êmpechement que d’opportunités. Il s’agit d’une question de pluralisme d’information et d’expression responsable et respectueux, d’une vision à moyen et long terme et d’une volonté d’exemplarité.
Wafa Hamzaoui