La révolution du 14
janvier était le déclencheur principal de l’apparition des symptômes d’une
tumeur cancéreuse issue d’une mutation déontologique. Est-ce une question d’enracinement ou bien
assistons-nous à une naissance de nouvelle valeur ?
L’exercice
journalistique devrait-il se mettre en position de recul par rapport à
cette « liberté d’expression » qui semble toucher aux règles
déontologiques qui ne sont plus respectées par les plumes qui ont tendance à
considérer la liberté irresponsable comme la racine des valeurs.
Face à sa résistance
aux normes de la régulation voire l’autorégulation, le journalisme ne
devrait-il pas chercher à placer l’éthique au centre de son métier ? Et au
péril de sa crédibilité et de sa légitimité, l’écriture journalistique ne
pourrait être qu’une passion et les journalistes ne pourraient plus se
revendiquer professionnels.
Certes, tout
journaliste est appelé à faire preuve d’audace dans le traitement des dossiers et
à se débarrasser des pratiques détériorées de l’ancien régime qu’a terni la
réputation du métier journalistique.
Dans ce vaste terrain
de liberté, le journaliste aurait besoin de prendre sa boussole car à coté de
son droit à l’expression, s’accroit une exigence d’éthique et de conduite
professionnelle responsable. Et ceci en évitant de tomber dans les pratiques
des journalistes qui, au lieu de traiter le lecteur en citoyen digne d’être informé tout en respectant sa culture et ses
valeurs, ne le voient plus que comme un consommateur à séduire, et ceci en
osant attaquer la religion musulmane rien que parce que le parti politique
gagnant aux élections s’avère islamique malgré qu’il partage avec ses confrères
laïques les mêmes bases en terme de programme politique.
L’empiétement sur le
divin est un crime puni par la loi tunisienne. Alors, la déontologie
journalistique n’interdise-t-elle pas l’atteinte aux valeurs islamiques ?
Pourquoi a-t-on besoin de se moquer de l’islam et de ses principes juste pour
critiquer un personnage ou un parti politique ?
Après un demi-siècle d’oppression
et de silence, est-ce judicieux de définir des règles de jeu alors que l’on
commence à peine à apprendre à pratiquer la liberté d’expression ?
Les journalistes
tunisiens auront-ils besoin d’une prise de recul pour savoir se construire de
nouvelles bases solides sous le cadre d’une liberté responsable ?
Autan de questions que d’enjeux et que d’actes sérieux, autant de risque que de responsabilité, autan de d'êmpechement que d’opportunités. Il s’agit d’une question de pluralisme d’information et d’expression responsable et respectueux, d’une vision à moyen et long terme et d’une volonté d’exemplarité.
Wafa
Hamzaoui