samedi 22 octobre 2011

La tumeur journalistique postrévolutionnaire


La révolution du 14 janvier était le déclencheur principal de l’apparition des symptômes d’une tumeur cancéreuse issue d’une mutation déontologique.  Est-ce une question d’enracinement ou bien assistons-nous à une naissance de nouvelle valeur ?

L’exercice journalistique devrait-il se mettre en position de recul par rapport à cette  « liberté d’expression » qui semble toucher aux règles déontologiques qui ne sont plus respectées par les plumes qui ont tendance à considérer la liberté irresponsable comme la racine des valeurs.

Face à sa résistance aux normes de la régulation voire l’autorégulation, le journalisme ne devrait-il pas chercher à placer l’éthique au centre de son métier ? Et au péril de sa crédibilité et de sa légitimité, l’écriture journalistique ne pourrait être qu’une passion et les journalistes ne pourraient plus se revendiquer professionnels.
Certes, tout journaliste est appelé à faire preuve d’audace dans le traitement des dossiers et à se débarrasser des pratiques détériorées de l’ancien régime qu’a terni la réputation du métier journalistique.    
Dans ce vaste terrain de liberté, le journaliste aurait besoin de prendre sa boussole car à coté de son droit à l’expression, s’accroit une exigence d’éthique et de conduite professionnelle responsable. Et ceci en évitant de tomber dans les pratiques des journalistes qui, au lieu de traiter le lecteur en citoyen digne d’être  informé tout en respectant sa culture et ses valeurs, ne le voient plus que comme un consommateur à séduire, et ceci en osant attaquer la religion musulmane rien que parce que le parti politique gagnant aux élections s’avère islamique malgré qu’il partage avec ses confrères laïques les mêmes bases en terme de programme politique.
L’empiétement sur le divin est un crime puni par la loi tunisienne. Alors, la déontologie journalistique n’interdise-t-elle pas l’atteinte aux valeurs islamiques ? Pourquoi a-t-on besoin de se moquer de l’islam et de ses principes juste pour critiquer un personnage ou un parti politique ?
Après un demi-siècle d’oppression et de silence, est-ce judicieux de définir des règles de jeu alors que l’on commence à peine à apprendre à pratiquer la liberté d’expression ?
Les journalistes tunisiens auront-ils besoin d’une prise de recul pour savoir se construire de nouvelles bases solides sous le cadre d’une liberté responsable ?


Autan de questions que d’enjeux et que d’actes sérieux, autant de risque que de responsabilité, autan de d'êmpechement que d’opportunités. Il s’agit d’une question de pluralisme d’information et d’expression responsable et respectueux, d’une vision à moyen et long terme et d’une volonté d’exemplarité.
Wafa Hamzaoui